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where are all the flowers gone ?- Mais où sont passées nos fleurs?

Mais où sont passées nos fleurs? / English version : here

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Invitée par les chercheurs Ana Cristina Torres, Marion Brun et Yoan Miot * ainsi que par l’Université Gustave Eiffel dans le cadre d’un programme Faire Ville Circulaire, ces chercheurs mènent une recherche-création.

Elle constitue un format de recherche renouvelée où tant les professionnels de l’urbanisme, les chercheurs que les artistes se mettent en enquête pour développer et construire de nouvelles connaissances grâce à de nouveaux formats de mise en récits et de mise en débats. Dans le cadre de ce projet qui souhaite porter un nouveau regard sur les friches de ROUBAIX, je développe un projet artistique autour de trois friches de ce territoire: Nord Éclair, Meillet et les Trois Ponts .J’y porte un regard sensible sur ces espaces en marge, souvent considérés comme des vides, des «réserves d’inutiles» afin d’en révéler le fragile, la beauté et d’imaginer une démarche de soin.

Au fil d’une année, rythmée par des visites saisonnières, j’ai observé ces lieux en mutation : la végétation

spontanée, la persistance du vivant, les traces humaines et les déchets qui s’y accumulent. En septembre,

j’ai été frappée par leur fermeture ( Les friches sont pour la plupart clôturées par des grillages, comme des rêves empêchés) qui rappelle certaines hétérotopies, comme les prisons : deux mondes aux marges de notre société mais où la vie persiste. Derrière les clôtures, des humains parfois y vivent de manière extrêmement précaire ( des femmes y donnent parfois naissance), des fleurs jaillissent, la vie pulse. Ces friches apparaissent ainsi comme des espaces de mémoire, où coexistent abandon et résilience , extrême fragilité et puissance du vivant malgré tout.

Ma pratique mêle photographie, dessin, textile et vidéo. Je travaille « à hauteur de fleurs » attentive à la

fragilité de ce qui subsiste. Mes images , numériques et Polaroid ,explorent la tension entre apparition et

disparition, parfois jusqu’à l’abstraction pour souligner l’invisibilité de ces lieux au sein de la ville. Certaines

seront ensuite prolongées dans la matière textile et qui fera ainsi écho au passé industriel textile dont

sont issues ces friches. Tissées, détissées, brodées, elles deviendront ainsi des fragments sensibles, des «

images-caresses » qui cherchent à réparer symboliquement ces paysages ou à matérialiser symbolique-

ment par mes points de broderie, des respirations, des langages ou une forme d’essaimination des friches.

Je brode avec des fils teintés à partir de plantes tinctoriales qu’on peut trouver sur place (ortie, rézéda,

budlélia) prolongeant ainsi le lien direct entre le territoire, le vivant et l’image. D’autres sont imprimées sur papier Kozo 9gr comme pour souligner la fragilité de ces espaces. J’envisage également de réaliser une vidéo à partir d’images filmiques capturées avec ma caméra mini-dv qui sera projetée sur une matière photographique pour faire co-exister l’animé et l’inanimé.

Lors d’une session d’hiver sur la friche Mieillet, le paysage m’est apparu bouleversé : la terre éventrée, re-

tournée, comme un champ de bataille. Les pouvoirs publiques avaient volontairement chassés les popu-

lations précaires pour retourner le sol et y déposer des détritus. Face à ce monde renversé, une profonde

tristesse s’est imposée. Cette friche m’a semblé être le reflet d’une société déracinée, fragmentée, déconnectée du vivant et à ce qui nous relie .Une question persiste alors : comment réparer ? Comment retisser des liens ?

Le titre du projet est inspiré par la chanson chantée par Marlène Dietrich : « Mais où sont passées les fleurs? » Elle suggère en arrière-fond la question de savoir quand les hommes arrêteront enfin leurs folies meurtrières., je m’interroge ainsi : combien de temps faudra-t-il pour retrouver nos fleurs ? Notre capacité à être à l’écoute du vivant? Pour que de nos fleurs naissent des nuages.

Pourtant, en prenant le temps de m’asseoir et d’écouter les récits des humains qui y vivent, d’observer le

vivant qui continue de se faire entendre, je me rends compte que ces espaces pourraient devenir des labo-atoires de retissage de lien inter-espèce, entre les humains et les plus qu’humain. De cette expérience naît

une volonté : prendre soin, caresser ces territoires, révéler la beauté qui persiste malgré tout.

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Ce projet est une immersion poétique et écologique qui cherche à déplacer notre regard : ne plus voir

les friches comme des espaces vides, mais comme des lieux de vie, de résistance et de possibles, où,

malgré le désastre, le printemps se prépare déjà.

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Ana Cristina Torres : Maître de Conférence à l’Université Paris Est Créteil (UPEC), Chercheuse au Lab’Urba associée au centre d’Écologie et Science de la Conservation (CESCO)

Yoan Miot : Urbaniste, Maître de Conférences, LATTS, Université Gustave Eiffel, Responsable axe politiques publics d’aménagement et biodiversité

Marion Brun : Ingénieur de recherche ENSA Versailles, Responsable axe écologique et paysager

Polaroid brodés avec des fils teints à la main, 2026

Le baiser, impression sur lin/coton + broderie, 2026.

Polaroid, friche Miellet, Nord Eclair et les 3 Ponts, 2025-2026

De nos fleurs naîtrons des nuages, friche Miellet, 2025

Fils de soie et de coton teints à la main par Ludovic De Valon à partir de plantes tinctoriales qui poussent sur les friches ( réséda et buddléia).

Polaroid rebrodés à la main.

Superposition d'impression sur papier Kozo 9gr + Impression sur papier Canson et perforations.

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Superposition d'impression sur papier Kozo 9gr + Impression sur papier Canson et perforations exposées à la lumière

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Vouloir vendre l'invendable

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le baiser

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